Le lieu de l'échange

Vecteur de communication, la pratique s'organise autour d'une mise en situation qui n'est jamais loin de la mise en scène : on en retrouve d'ailleurs les principaux éléments, qui marquent le passage de la vie de tous les jours à une modalité d'expression bien définie.


1. L'espace du tatami

 

Espace clos, hors réalité contingente, le tatami symbolise l'abandon de la vie quotidienne pour un lieu dédié, celui d'une action formelle et codifiée, avec ses règles spécifiques.

 

On entre ainsi sur le tatami avec un salut au kami, le mur d'honneur, hérité de la tradition japonaise, mais qui a ici valeur de moment de transition, et de concentration.

 

---> Elèves en place pour le salut traditionnel
---> Elèves en place pour le salut traditionnel
---> Kami, ou mur d'honneur
---> Kami, ou mur d'honneur

La tenue même du pratiquant présente une originalité par rapport aux autres disciplines martiales : keikogi (kimono) blanc et hakama (pantalon traditionnel) bleu ou noir par convention.

Ils sont hérités eux aussi de la tradition japonaise du budo, dans le travail qu'il propose sur soi, avant de se porter sur les autres.

Pour la même raison, il n'existe pas dans cette discipline de différenciation d'âge ou de sexe.

---> Temps de concentration avant le début du cours
---> Temps de concentration avant le début du cours


---> Reproduire la technique...
---> Reproduire la technique...

2. Le temps du cours

 

Il est marqué par l'étiquette, code de comportement que l'on retrouve sous des formes à peu près similaires dans l'ensemble des arts martiaux. Ce code n'est pas destiné à rigidifier les comportements, mais plutôt à scander les différentes étapes du cours dans son déroulement :

 

- On salue ainsi chacun des partenaires avec lesquels l'on est amené à travailler, avant et après l'échange ;

- On observe le professeur dans sa démonstration d'une approche, d'une technique, avant de se mettre soi-même en situation et de tenter de la reproduire ;

 - Enfin, le salut final est suivi d'un temps de détente, sur le tatami, où chacun est libre de s'exprimer avec ses différents partenaires du cours.

 

C'est un temps de retour progressif à la réalité contingente.

Il est marqué par le pliage du hakama, pour ceux qui le portent, selon un procédé traditionnel et esthétique que l'on n'est jamais obligé de suivre, mais qui fait partie du plaisir de pratiquer.

 



3. L'aïkido en action

 

L'aïkido est l'application dans le mouvement des grands principes de déplacement, de saisie et d'évitement, qui sont déjà présents dans les arts martiaux traditionnels ; mais parce qu'ils ont été pensés dans un cadre non-violent, le respect de l'intégrité du partenaire revêt ici un caractère absolu.

De son côté, l'attaquant s'attache à respecter une certaine implication, pour donner à l'attaqué matière à travailler. C'est du jeu entre les deux intentions que naîtra le succès de la technique.

 

---> Uke vs tori : et l'attaquant devient l'attaqué
---> Uke vs tori : et l'attaquant devient l'attaqué

L'attaque et sa réponse, qui ne pourraient pas trouver à s'appliquer dans la réalité sous leur forme de travail, servent de cadre à l'étude de la distance, du point d'impact et de la façon dont s'y dérober.

Elles sont autant d'outils qui permettent d'établir un dialogue, dont les limites sont sans cesse repoussées : la fin d'une action en entraîne une autre, différente, à laquelle il s'agit de s'adapter.

 

Ce qui paraissait figé reprend vie, sous une nouvelle forme, avec en toile de fond, la possibilité de transposer l'échange dans la vie.